07/02/2026
LES de PUTASSIER de BERNE-ATH (4)
LES de PUTASSIER de BERNE-ATH, NOBLES DÉSARGENTÉS
Scène 4 – CHANTAGE À LA CATHOLIQUE
— Assoyez-vous, mon père.
— Merci, monsieur le comte.
— Un petit rafraîchissement ?
— Volontiers.
— Vous aurez l’obligeance de m’excuser, je l’espère, car je ne me suis pas rendu aux commissions récemment et à part l’onde de la chantepleure...
— Ce sera parfait. J’ai un peu abusé du vin de messe hier après les vêpres.
— Mauricette-Aliénor ! Apportez-nous deux coupes d’aqua simplex bien fraîche, je vous prie. Et mandez notre cher Charles-Clovis, qu’il vienne saluer ce brave père Gontran.
— Très bien, Henri-Pépin-Louis.
— Ah ! Ce gentil Charles-Clovis... Mais que me vaut l’honneur de cette invitation, monsieur le comte ? Une confession ?
— En quelque sorte. Vous mentionniez justement à l’instant un abus de ce guinguet de liturgie...
— C’est mon péché mignon, monsieur le comte. On a beau porter la soutane, on n’en reste pas moins homme.
— Justement, en parlant de péché... mignon, n’abuseriez-vous pas d’autre chose que de rouquemoute ? Ou devrais-je dire : n’abuseriez vous pas d’autres prochains autant que de reginglard ?
— Monsieur le comte ! Où allez-vous chercher de telles insanités ?
— Il ne s’agit pas d’insanité, quoique... mais bien de fait. Voici d’ailleurs l’intéressé. Venez donc, Charles-Clovis !
— Bonjour, père Gontran.
— Bonjour, mon enfant.
— Montrez donc à votre brave directeur de conscience ces photos aussi parlantes que répugnantes.
— Voici, mon père. Je les ai prises en catimini lors de votre dernier assaut sur mon fondement...
— Mais... ! Mais... ! Comment avez-vous pu trahir ainsi ma confiance ?
— Laissez-nous, Charles-Clovis !
— Au revoir, père Gontran. À dimanche.
— Vous voici fait comme un surmulot, mon père !
— Mais monsieur le comte ! Vous n’allez tout de même pas... Pensez au scandale ! À l’avenir de votre progéniture ! Il y a peut-être moyen de trouver un arrangement...
— Justement, j’y viens. Vous offrez bien dix pour cent de la collecte dominicale comme gratification à mon fils pour vos privautés...
— Oui, monsieur le comte.
— Et bien, dorénavant, il recevra vingt-cinq pour cent. Et je serai présent lors de la computation.
— Très bien, monsieur le comte.
— Parfait ! Vous pouvez regagner votre presbytère. À dimanche, après l’office.
— Merci, monsieur le comte. Au revoir, monsieur le comte.
— Allez, allez...
05:01 Publié dans Contes élagués et courtes proses | Lien permanent | Commentaires (0)
























































Écrire un commentaire