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26/11/2016

HOMMAGE À BRANDO

Ce soir-là il mit Berthe au lit
Le cul tout oint de Bertolli
Pour un remake fort joli
Du Dernier tango à Paris.

21/07/2016

Fête nationnale...

JENNEVAL / SOLDAT INCONNU REVISITED

Parodie à contraintes coécrite avec André Stas, publiée dans le numéro 14 de la revue Catarrhe en avril 2015.

00 – Après des siècles d'esclavage,
        Le Belge sortant du tombeau  
        A reconquis par son courage
        Son nom, ses droits et son drapeau.

 01 – Après dix ans de cocufiage,

         Le Belge a sorti son couteau.

         Il accomplit un vrai carnage,

         Patrons tous morts dans l’ caniveau !

 02 – Après son cul à l’essorage,

         La Belge a les fesses en lambeaux.

         Écartons-nous sur son passage,

         Sinon, nous vomirons en seau.

 03 – D’après un très ancien adage,

         Le Belge est un fieffé salaud.

         Évitons donc le badinage

         D’un con au passé pas très beau.

 04 – Après la main dans son corsage,

         La Belge a pris dans son fourneau

         Des poissons nappés de fromage,

         Goujons marinés en Meursault.

 05 – Après le chancre en plein visage,

         Le Belge avait horrible peau.

         Dirait-on pas qu’il a la rage,

         Que son pif est un artichaut ?

 06 – Après des mois de marchandage,

         Le Belge a emporté l’ morceau,

         Part de fion d’un foireux vêlage.

         Au fond, n’est-ce pas ce qu’il vaut ?

 07 – Après un long pèlerinage,

         Le Belge va prendre les eaux

         À Spa dont les décervelages

         Refont le Q.I. des blaireaux.

 08 – Après avoir ouvert la cage,

         Le Belge a libéré l’oiseau :

         Un pigeon, bête à son image,

         Qui, rond, imita le chameau.

 09 – Après un homard à la nage,

         Le Belge va manger du veau,

         Des rognons et, anthropophage,

         Tétons de femmes aux blancs d’poireaux. 

 10 – Après le fion d’un jeune page,

         Le Belge fout son vit dans l’eau.

         Un plongeon, et là, dépeçage :

         Bonbons pour piranhas costauds.

23/06/2016

DES GENS SIMPLES

Elle jouait du ukulélé
lui de la balalaïka.
Elle lisait Anaximène
il préférait Zénon d’Élée.
Elle ne roulait qu’en Duesenberg
il ne jurait que par Koeningsegg.
Elle sirotait des Kriptonitas
il s’enfilait des Xamascas.
Elle raffolait des makrouts
il ne voulait que de l’Ayurvédique.
Elle avait tous les films de Dorothy Arzner
il ne regardait qu’Ishiro Honda.
Elle écoutait Friedrich Grützmacher
il était fou de Lennox Berkeley.
Ils ne se rencontrèrent
jamais & n’eurent heureusement
pas d’enfants.

11/06/2016

ÉTAT DES LIEUX DE LA BOÎTE CRÂNIENNE

Le loup qui hurle
dans sa tête
il doit le nourrir
& le désaltérer
– surtout lui donner
à boire – pour que la bête
lui fiche de temps
en temps la paix.
Il ne se plaint
jamais : en lieu & place
du canidé ç’aurait
pu être un agneau
bêêêêêêêlant de manière
stupide en attente
du tajine
ou de la broche.

22/05/2016

VÉGÉTALIEN

Un jour j’aurai
la pêche
la pomme
la prune
la poire
la banane
la mangue
l’orange
la mandarine
la nana
la cerise
la groseille
la papaye
et une belle
diarrhée.

18/05/2016

L'INCREVABLE

À quatre-vingts ans
hétéro notoire
il courait toujours
deux hases à la fois.
En pleine santé
toujours très vert
il galopait encore
derrière le guilledou.
Excellent sportif
il poursuivait sans cesse
la pretentaine.
Ce ne fut pas la course
à pied qui eut raison
de lui mais un stupide
rhume de cerveau.

22/11/2015

OISIFISSIME

Gésir à ne rien faire.
Les yeux fermés
ne pas penser
ne pas rêver.
Être une respiration
lente profonde tranquille.
S’assimiler au vide.
Devenir du néant.
Ne pas penser
ne pas rêver
gésir à ne rien faire
du tout.

08/07/2015

Deux textes bilingues

Let's Visit New Orleans et Blue Smoke Signals & Zombie Whiskey, deux textes coécrits directement en anglais avec Catfish McDaris et traduits par mes soins, sont à lire sur le site de la revue canadienne Carte Blanche.

27/03/2015

SILLY GAME: CROWD-HOCKEY®

Enfiler une tenue
de gardien de hockey
sur glace
& marcher tout droit
comme ces gens
aux yeux rivés
à leur mini écran.
Comme eux
ne jamais faire
un pas de côté.

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

19/03/2015

COMMUNICATION ERA

Dans le hall de l’hôtel
vers 8 a.m.
alors que je sors

pour mon premier
cigarillo
cinq jeunes
– la vingtaine –
sont installés dans des fauteuils
autour d’une table basse
en train de pianoglisser
du doigt
sur leurs gadgets
dans un silence
de monastère bénédictin.

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

15/03/2015

ORGANIC FOOD

Dans le quartier de Soho
je remarque

sur la vitrine
de plusieurs petits restaurants
la mention
100% organic food
Je me demande

ce que peut être
de la nourriture
non organique.
De la salade
de plastiques
& PVC divers ?
Un steak
de métal attendri ?
Les saucisses
du petit déjeuner
entrent-elles
dans la bouffe
non organique ?

Après vérification, « organic » signifie simplement « bio ».


Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

11/03/2015

ENGLISH BREAKFAST

Les petites saucisses
goûtent le plastique.
Les œufs pochés
goûtent le bizarre.
Les œufs brouillés
goûtent entre la saucisse
et l’œuf poché.
Le bacon grillé
ne goûte rien.
Les œufs cuits durs
les toasts
& les haricots sauce tomate
goûtent l’œuf cuit dur
le toast
& le haricot sauce tomate.
Le café...
Sans commentaire.
Heureusement
le prix du breakfast
est compris

dans la location
tout comme la mélopée
des canalisations d’eau.

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

07/03/2015

ROOM TWO-TWO-SEVEN (III)

Dans la chambre 227
l’expression « tirer
la chasse »
a été remplacée
par celle-ci
beaucoup plus imagée :
« faire chanter
le diplodocus ».

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

03/03/2015

TOWER OF LONDON - II

Impossible
d’ignorer
certaine excroissance
sur l’armure
d’Henry VIII.

Henry VIII.JPG

 

 

 

 

 




On ne peut s’empêcher

de penser
que ce monarque
avait un méchant problème
quelque part
sous le nombril.

27/02/2015

TOWER OF LONDON - I

À la Tour de Londres
la file que forment
ceux qui veulent
apercevoir quelques instants
les joyaux de la couronne
est impressionnante.
À voir la tronche
jusque pas terre
de certains impatients
je les surnomme
illico
« les joyeux
de la couronne ».

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

17/02/2015

ROOM TWO-TWO-SEVEN (II)

Salle de bain propre
mais spartiate :
un évier avec miroir
une petite baignoire
avec douche
et un WC.
Une fois la chasse tirée
quand le réservoir
se remplit
la tuyauterie fait entendre
un long cri
de dinosaure
en rut.
Si c’est la même chose
dans la chambre
d’à côté
il va falloir commencer
par acheter
des boules Quies
ou deux bouteilles
de bon whisky.
Avons-nous
assez de pounds
pour le whisky ?

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

13/02/2015

ROOM TWO-TWO-SEVEN (I)

Chambre propre
mais spartiate :
un lit flanqué
de deux tablettes de nuit
une chaise
un miroir
un support pour
une bouilloire électrique
& deux tasses.
Rien de prévu
pour écrire.
Pas de rideaux
à la fenêtre
juste des tentures.
En face
même topo.
Comme l’écrivait
George Mikes dans
How To Be An Alien
« Les Anglais n’ont pas

de vie sexuelle
juste des bouillottes
d’eau chaude. »
Ou ils sont
simplement
exhibitionnistes
& voyeurs.

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

09/02/2015

RECEPTION DESK

“Sorry, Sir,
we don’t have any
reservation for you…
— Are you sure?
We booked three months ago.”
J’épelle à nouveau
mon nom.
Il revisite son PC.
Rien.
Il fouille dans une pile
de feuilles posées
sur une étagère
derrière lui
en extirpe une
qu’il me montre
avec un large sourire.
Je lis                 
NAME: DJAEJER.
Sauvé !
Mais moi qui pensais
savoir épeler mon nom
en anglais...
Je me console :
le gars lors de la réservation
n’était pas anglophone.

Extrait de Mes tripes à London, recueil inédit.

05/02/2015

APPRENDRE OU ALÉSER ?

J’ai pris mon pied
de nez de biche et d’autres.
Tu as pris le temps
bien que mal ou qu’à faire.
Il a pris la porte
à faux, voix et manteau.
Elle a pris la fuite
mais dut faire appel
à un plombier.
On a pris le large
le long le haut
et même le profond.
Nous avons pris les choses
en main en pied
et à redire.
Vous avez pris le maquis
de Sade et de Carabas.
Ils ont pris la tangente
l’hypoténuse et l’hyperbole.
Elles ont pris un verre
deux verres et de la bouteille.
Puis il fallut tout rendre
sous peine de poursuites
judiciaires.

27/01/2015

PEAU DE RENARD

J’ai écrasé un renard
un soir d’hiver
en rentrant au hameau.
J’ai ramassé la dépouille
et fait tanner la peau.
Depuis      
elle sert une fois par an
quand l’institutrice
parle du petit prince
à ses élèves.           

Franchement
j’aurais préféré
écrabouiller
le blondinet de la haute
plutôt que
cette superbe bête.

Texte publié dans le # 12 de la revue Cabaret,
repris dans Une femme à gros seins qui court un marathon.

07/11/2014

SREVNE’L À

Là et çà
Vilain et cher
Face ou pile
Si bien et tant
Vif ou mort
Modo grosso
Milou et Tintin
Vient-et-va
Net et clair
Pic-éporc
Déjà et d’ores
Ultra plus nec
Maillard-colin
Virgule point.
Tiordne’l à erircé
siamaj a’m en
ésserétni.

14/06/2014

AMBROISIE PARTY

Des poètes
émaciés
des poétesses
décharnées
sont là pour
se gaver de vers
de métaphores
de synecdoques
de litotes
& autres figures de style
en tous genres.
C’est le Midi
de la Poésie.
Ils repartent gavés
comme des oies
mais toujours aussi
faméliques.

16/05/2014

R.I.P.

Nous avons partagé
quelques mots
de silence
quelques regards
aux yeux
clos
quelques gestes
d’immobilité.

C’est que nous sommes
ailleurs
M’sieurs Dames
& qu’il faut
de temps en temps
nous oublier.

01/04/2014

LE POUVOIR DES YEUX DU NOMBRIL

Le poète
parle de lui.
De ce qu’il voit
autour de lui.
Le poète
n’a plus que
deux yeux
et un nombril.
Son cerveau
est vide.
Il n’a plus
d’imagination.
Il ne sait plus
– l’a-t-il jamais
su ? –
que Je
est un autre.

13/02/2014

LES MEILLEURS MOMENTS...

Un extrait de mon dernier recueil, Ouvrez le gaz trente minutes avant de craquer l’allumette. Voir plus bas pour les détails.

LES MEILLEURS MOMENTS.jpg

25/12/2013

Texte de circonstance

 

Il est né le divin enfant

Les curés lorgnent sa quéquette

Il est né le divin enfant

Faut lui blinder le fondement

JOYEUX NOËL !

Slade - Merry Xmas.jpg

14/11/2013

LA ViEiLLE

elle n’était plus
de première fraîcheur

il l’avait levée
sur un trottoir minable
d’un quartier pourri
comme la chambre
où elle l’avait emmené

sa piaule
sentait comme la mer

après quinze ans
de tôle
il avait fort envie
de revoir
la grande bleue


L'une de mes dix-sept contributions (quinze poèmes, un calligramme et une courte nouvelle) à Buk you! qui est sorti des presses de Gros Textes.

Toute l'info ici.

22/10/2013

FAMILLE DINGO 13

LE SPÉCIALISTE

Mononke Aleaume
vendait de l’électroménager
& réparait les télévisions
qui tombaient souvent en panne
au début des années 60.
Quand c’était la nôtre
il arrivait avec une caisse
en carton
déplaçait la lourde télé
ôtait le cache arrière
puis une par une
il remplaçait chaque « lampe »
par une neuve.
Si ça ne fonctionnait pas
il disait devoir reprendre
le poste chez lui
pour le tester.
On le soupçonnait
de le porter
chez un professionnel
car nous restions sans feuilleton
durant au moins
une semaine.

20/10/2013

FAMILLE DINGO 12

PRÊT POUR LES JO !

Le cousin Mamertin
voulut impressionner
la jeune galerie féminine
en plongeant tête en avant
de la berge
de la Semois.
Il n’avait pas pensé
aux cinquante centimètres
de profondeur
ni au fond rocailleux.
Il fallut beaucoup
de mercurochrome
pour désinfecter
ses multiples éraflures
au visage
aux bras & flanc droits.
Pendant longtemps
on le surnomma
le Cheyenne.

18/10/2013

FAMILLE DINGO 11

TRAVAILLER OU MOURIR

La sœur de Mèmère
s’appelait ’Ma
– sans doute pour Emma.
Très vieille jeune fille
de plus de quatre-vingts ans
fine comme du papier
à cigarette
elle travaillait toujours
comme une esclave.
Avec son dos
cassé en deux
presque à angle droit
elle pouvait ramasser
quelque chose par terre
sans pratiquement
se baisser.
Elle traînait des seaux vides.
Elle ne pouvait plus
toucher à ceux
remplis de lait :
elle renversait trop.