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27/12/2013

PROSE À RÉCURER

Lorsque j'aurai craché tout encre et tout venin sur ces déserts blafards, ces rectangles albins dont la leucodermie fait suppurer ma plume de ce genre de morve inhérente aux gros rhumes, lorsque j'aurai vomi les biles et les sucs en suffisance pour fondre mille trouducs, lorsque j'aurai souillé de sombres pourritures, d'obscènes déjections, d'illustres nécritures ces piles de cahiers, ces rames de papier, alors vous pourrez dire : « Enfin ! Il est crevé ! » En attendant ce jour, récurez ces cuvettes où vous laver votre âme mesquine en cachette !

24/12/2013

PROSE ROMANTIQUE ATTARDÉ

Le soleil planté dans les yeux tel un poignard lamé de feu, il s'en va comme un somnambule, direction d'autres crépuscules. Il déambule à tout hasard à la recherche du regard, à la rencontre du sourire dont il rêve dans ses délires. Le cœur pointé vers le couchant qui saigne un rouge incandescent, il marche à côté de sa vie, direction la gnangnanterie.

22/12/2013

PROSE EXAMINATRICE

Elle m'examine du coin de ses yeux, reluquant ma mine en son plein milieu. Ses grands yeux d'arsouille vampent à gogo mais je fais l'andouille, niant son ego. Elle insiste encore, reprend un café, me regarde, éplore pour mieux m'entuber. Elle sent, déçue, que ça va foirer, fait sa gueule imbue et sort sans payer.

20/12/2013

PROSE EN BOÎTE

Elle cherche sa lover-dose aux pas poisseux de slows trop lents. Les mots transpirent l'eau de rose, les baisers n'ont rien de saignant. Elle caresse des braguettes, se laisse effleurer les boutons mais rien ne tire la sonnette d'alarme de sa pâmoison. Elle a beau mouiller la cretonne qui garnit le fond de son slip en trémoussant son corps de conne, l'amour ne joue pas dans son clip. Elle quitte à la fermeture, les tympans fous, le cœur chagrin, le ventre mou, la chatte pure... Vivement samedi prochain !

18/12/2013

PROSE HAINEUSE

Le canal à idées atteint de salpingite, tu fais graver des croix gammées sur tes biceps. Il est vrai que tu n'en peux rien pour les forceps qui t'ont trop trépané, ni pour la méningite dont tu subiras toute ta vie les séquelles. Tu te bodybuildingues en frappant comme un sourd sur un gars couché par terre et tu t'en prends pour le Rocky des étrons ou le Rambo des selles. Tu bouffes du bicot pour nourrir la prestance que tu penses avoir modelée avec tes poings. Skinhead, peau de mes fesses avec les poils en moins, va crever dans un coin et pourris en silence.

16/12/2013

PROSE SUBREPTICE

C'est en catimini que j'eus Kathy, minijupe troussée au ventre pour lui mieux trouver l'antre. Couché sous son con nu, c'est ni vu ni connu que la moite Florence m'oignit de son flot rance. C'est à la dérobée qu'à Roberte, enrobée, sans chichi ni amen je pourfendis l'hymen. Sur un tapis chinois, je chus en tapinois dans le cul d'Eugénie pour un coup de génie. Pour la bête à deux dos, vive l'incognito !

14/12/2013

PROSE À VISIÈRES

Tu t'accroches à tes murs et à ton papier peint qui se défraîchira moins vite que ton teint. Tu t'enchaînes à tes meubles, tes bibelots rares qui prennent poussière comme toi. Tu t'amarres où des milliers de cordes vont effilocher le chanvre des idées qu'on reçoit sans jeter. Tu te cloues à ces mots qui ne sont que les planches du cercueil dans lequel les vers en avalanches iront sucer tes regrets, tes bides, tes fours. Tu vis à petit feu. Tu meurs au jour le jour.

12/12/2013

PROSE TAM-TAMESQUE

Je frappe sur des pierres des accords délétères qui résonnent, déments, jusqu'au monde infâmant de sombres créatures, non-sens de la nature. Je frappe sur des pierres ma païenne prière mais de l'autre côté, pas la moindre entité n'écoute ma révolte : les dieux sont désinvoltes. Je frappe sur des pierres mes notes de colère, mélopée de fureur née de mille rancœurs. Pas la moindre réplique : les dieux sont lymphatiques. Je frappe sur des pierres un hymne séculaire, me blessant les tympans à ses envoûtements qui ne fascinent guère : les dieux sont éphémères.

10/12/2013

PROSE « PRIVATE EYE »

J'adore quand le vent fait s'écarter les pans de votre longue jupe. Aussi dorénavant irai-je vous suivant... sans me montrer trop dupe : je manque un peu d'argent...

03/11/2013

PROSE DÉDUCTIVE

J'ai usé mes chaussures à te faire du pied. J'ai si bien insisté que mes orteils en furent - sans faire de chichis - couverts d'œils-de-perdrix. J'ai pansé mes blessures et changé de souliers. Je me suis demandé, après cette aventure, si ton derme avait cuit sous mes souliers ternis. J'ai fini par conclure que, côté cutané - le mot n'est pas grossier - tu étais plutôt dure et que malgré leur prix tous les cuirs sont pourris.

29/04/2010

PROSE GRANITIQUE

...Née d'un père artiste et d'une mère inconnue, je ne fus pas gâtée par des dieux bienveillants. Nulle bonne fée n'est descendue de ses nues pour se pencher sur mon berceau inexistant. Je suis fille des coups que m'assena mon père, lui qui me façonna à l'image du mal qu'il craignait, pour gagner au-delà de la Terre sa place au Paradis. Quel bien piètre vassal ! Il m'a conçue pour satisfaire les embrouilles de sa foi : exorciser sa peur tout autant que la susciter chez les mécréants. Gargouille, je vomis dès qu'il pleut sur l'homme et ses enfants.

19/04/2010

PROSE SENSUELLE

PROSE SENSUELLE

Connaître sur le bout des ongles chaque centimètre carré de ta peau pour que mes doigts jonglent Satie sur ton corps accordé. Connaître à m'user les empreintes toutes les courbes de ton corps, les épouser dans des étreintes à m'en graver les contreforts. Savoir sur le bout de la langue les creux de ton intimité pour te laisser enfin exsangue des sucs de ta féminité.

27/12/2009

PROSE OPHTALMOLOGIQUE

...Je suis l'éborgné à l'œil fou, l'aveugle au regard de Joconde, le cyclope à l'œil crevé tout infesté de tiers- et quart-monde. Je suis le bigle et le vairon, le chassieux aux idées fécales qui me suintent en jus d'étron des caroncules lacrymales. J'ai des orgelets purulents qui suppurent à ces paupières que souvent je ferme devant le spectacle de la misère. Je suis l'idiot aux yeux crevés qu'on veut noyer dans l'inféconde eau semblable au puant lisier d'où naquit notre vie immonde.

20/12/2009

PROSE ONIROCINÉMATIQUE

...Dans mes rêves libidineux, il se passe d'étranges choses que je tiens secrètes : je n'ose les raconter à qui mieux mieux. Je vous y retrouve souvent dans des situations scabreuses. Vous y paraissez très heureuse, comme au cœur de votre élément. Si je vous racontais les faits, je vois déjà votre visage qui de honte, plaisir ou rage très certainement rougirait. Mais ne craignez pas, ô ma star des rêves les plus érotiques, que je dévoile vos techniques : je ne décerne pas d'oscars !

15/12/2009

PROSE ÉCRAN TOTAL

Le léger transparent de sa jupe en rayonne laisse entrapercevoir deux jambes qui rayonnent au départ du soleil d'un cosmos interdit. Sur le moment je deviendrais bien hélionaute pour visiter cet astre à température haute mais... je sais résister au démon de midi !

22/11/2009

PROSE SNCB-ESQUE

La femme au parapluie coincé entre les cuisses doit avoir le minou qui craint l’humidité. Le monsieur à sa gauche au crâne frais rasé paraît aussi froid que les hauts alpages suisses. Dans l’autre coin fenêtre on exhibe Le code da Vinci. Il vaut mieux lire ça que Welbeck. Et si je pouvais gentiment clouer le bec aux deux pécores qui pensent parler de mode…

« T’as déjà entendu le dernier Chris Willamme qu’est sorti hier ?

— Ses lunettes me font mouiller ! Et puis sa voix et son petit cul de pédé !

— Arrête ! Cent pour cent qu’il se fait que des femmes ! »

Le quart-monde intello ! Reines des ministères ! Je sors mon MP3, me gode les conduits auditifs. J’ouvre le dernier J.B. Pouy. Quand on n’a rien à dire, il faut savoir se taire.