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24/01/2020

LE TITRE DE LA TOILE

   René Magritte met la dernière touche à une nouvelle toile. Elle représente une volière vide dans le corps d’un oiseau, une sorte d’oie de couleur rose à tête de rhinocéros dont la corne est une trompe d’éléphant. Le volatile se trouve comme en lévitation dans la salle des coffres d’une banque. Les portes des coffres, alternativement blanches et noires, forment un damier qui se confond avec le carrelage des mêmes couleurs.

   Une fois la peinture sèche, Magritte convie ses amis pour lui trouver un titre. Sont présents Paul Nougé, Louis Scutenaire, Paul Colinet et André Souris. Marcel Mariën est excusé : il ne rejoindra le groupe que l’année suivante.

   Après quelques minutes de réflexion, les titres fusent : Les Tessons de Timone (Scutenaire) ; Le Regard des éponges (Nougé) ; Le Phlegmon du vaisselier (Colinet) ; La Patte de la chineuse (Scut) ; La Toquante de la momie (Souris) ; L’Entonnoir du cercopithèque (Nougé) ; Le Serre-joint des barnabites (Colinet) ; Le Faiseur de billes (Scut) ; Le Robinet du clavecin (Souris) ; Délire d’Uranus (Scut) ; Le Bénitier du sycophante (Nougé) ; etcetera, etcetera.

   Une demi-heure plus tard, c’est finalement La Canicule du rémouleur (Colinet) qui l’emporte à l’unanimité.

   Quelques semaines passent et, lors d’un déménagement, la toile est égarée et jamais retrouvée.

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