22/01/2026
LA VILLE À L'HEURE DE POINTE
Deux cent quatorze parapluies marchent vers leur boulot : des mauves, des blancs, des rouges, des multi-étoilés qui se rendent à la CE, un Picasso, deux Rubens, dix-sept Magritte, cinquante-neuf Van Gogue (qui est crotté en bouse), des minis, des maxis, des moyens, des géants de pêcheur, des zébrés, des baleinés (made in Japan), des entiers, un cassé, des longs, des courts, des mous (griffés Dali), des pressés (trous noirs), des lents, des coules, des relax dans lesquels le vent prend, des léopard, des panthère, des girafe, et des rhinocéros. Deux cent treize parapluies marchent vers leur boulot (l'autre s'est irrémédiablement cassé) : des résillés, des dim-huppés, des minijupés, des jeansés, des robés, des enrobés, des costumés, des travestis, des incolores, des talons hautés, des précieux, des endormis et deux solubles qui n'arriveront pas à destination. Deux cent treize parapluies marchent vers leur boulot. R.A.S. sauf qu'il pleut ce matin et que l'ai une capuche.
Extrait de Dans la vie à coups de pioche (Éd. Gros Textes, 2004, illustré par Fabrice Fossé).
Il m’en reste trois exemplaires…
05:00 Publié dans Contes élagués et courtes proses | Lien permanent | Commentaires (0)
























































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